
⚠️ Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié pour toute décision concernant la santé de votre proche.
Votre mère sera-t-elle vraiment soignée correctement ? Cette question vous empêche de dormir. L’inquiétude n°1 constatée chez les proches concerne précisément la qualité des soins médicaux au quotidien. Après des années à accompagner des familles dans leur recherche d’établissement, je mesure combien cette angoisse pèse sur chaque décision.
La réalité du terrain diffère souvent des craintes. Un EHPAD mobilise une équipe complète : médecin coordonnateur, infirmiers, aides-soignants, psychologue, animateur. Chaque professionnel intervient selon un planning précis, du lever à 7h jusqu’à la surveillance nocturne. Ce fonctionnement reste méconnu des familles qui découvrent l’univers médico-social pour la première fois.
Comprendre l’organisation interne vous permettra d’évaluer concrètement les établissements avant toute admission. Quels soins sont dispensés ? Par qui ? Comment votre proche participera-t-il aux activités ? Voici les réponses que vous cherchez.
Dans cet article
L’équipe médicale au cœur du quotidien en EHPAD
Exemple concret : coordination réussie pour une résidente atteinte de Parkinson
Mme R., 82 ans, GIR 3, maladie de Parkinson débutante. Sa famille craignait un suivi médical insuffisant lors de l’admission en 2023 dans l’Hérault. Le médecin coordonnateur a mis en place une collaboration avec son neurologue de ville. Trois séances de kinésithérapie hebdomadaires ont été programmées. À huit mois, son état de santé s’est stabilisé et son autonomie partielle a été préservée.
Ce cas illustre le rôle pivot du médecin coordonnateur. Selon le décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025, ses missions incluent la coordination avec les médecins traitants et spécialistes extérieurs. Il ne remplace pas le médecin traitant de votre proche, mais orchestre l’ensemble des interventions médicales au sein de l’établissement.

Une journée en EHPAD suit un rythme structuré. Le lever accompagné débute vers 7h avec l’aide à la toilette et à l’habillage. Le petit-déjeuner suit à 8h, en salle commune ou en chambre selon les capacités. La distribution des médicaments et les soins infirmiers interviennent vers 9h30. Les activités sociales ou thérapeutiques occupent la fin de matinée. Le déjeuner adapté aux régimes alimentaires est servi à midi. L’après-midi alterne activités, visites des familles et consultations médicales. Le dîner à 18h30 précède le coucher vers 20h, avec surveillance nocturne assurée par l’équipe de nuit.
Mon conseil : visitez l’établissement à différentes heures. Un passage à 9h30 pendant les soins infirmiers révèle davantage qu’une visite officielle à 14h.
Les professionnels de santé présents en EHPAD
- Médecin coordonnateur : coordination médicale globale, lien avec médecins extérieurs
- Infirmiers diplômés d’État (IDE) : soins techniques, distribution médicaments, surveillance clinique
- Aides-soignants : accompagnement quotidien, toilette, repas, mobilité
- Psychologue : soutien psychologique résidents et familles
- Kinésithérapeute : maintien de la mobilité, rééducation
Le décret de septembre 2025 reconnaît officiellement le statut de l’infirmier coordonnateur (IDEC). Ce professionnel participe à la coordination de l’équipe paramédicale et contribue aux projets d’amélioration continue de la qualité des soins. Sa présence renforce la continuité entre les équipes de jour et de nuit.
L’accompagnement social : bien plus que des soins médicaux
L’accompagnement social compte autant que les soins médicaux. C’est mon avis tranché après des années sur le terrain. Les établissements que j’ai visités montrent une corrélation nette : les résidents les plus épanouis bénéficient d’activités régulières et d’interactions sociales quotidiennes. La dimension médicale seule ne suffit jamais.
Les critères des résidences pour personnes âgées incluent systématiquement l’offre d’animation. Ateliers mémoire, gymnastique douce, activités créatives, sorties organisées : ces moments structurent la semaine et maintiennent le lien social. Un animateur dédié coordonne ce programme en lien avec l’équipe soignante.

Selon les recommandations HAS sur la qualité de vie, le programme comprend quatre volets : l’accueil et l’accompagnement initial, le cadre de vie et la vie quotidienne, la vie sociale des résidents, et les éléments de santé. Ces dimensions sont indissociables.
Point de vigilance
Dans mon accompagnement de familles en Occitanie (80+ familles conseillées entre 2020-2025), je constate fréquemment une focalisation exclusive sur les soins médicaux, au détriment de l’accompagnement social. Les familles qui négligent cet aspect expriment souvent une déception dans les 3-6 premiers mois. Ce constat est limité à mon périmètre en Occitanie. La satisfaction peut varier selon le niveau de dépendance et les attentes initiales.
Vérifiez lors de vos visites : l’établissement affiche-t-il un planning d’activités ? Un animateur à temps plein est-il présent ? Demandez à assister à une activité. L’ambiance générale en dit long sur la qualité de l’accompagnement social.
Le psychologue joue également un rôle essentiel. Il accompagne les résidents dans l’adaptation à leur nouveau cadre de vie et soutient les familles confrontées à la culpabilité du placement. Cette ressource reste sous-utilisée par les proches qui ignorent souvent sa disponibilité.
Le projet de soins personnalisé : une prise en charge sur mesure
Savez-vous que vous pouvez participer activement au projet de soins de votre proche ? Cette possibilité reste ignorée par la majorité des familles. Le projet personnalisé n’est pas un document administratif figé : c’est un outil vivant que vous pouvez co-construire avec l’équipe.
D’après les recommandations HAS, le projet personnalisé doit être établi dans les 2 à 3 mois suivant l’admission. Il intègre les habitudes de vie, les préférences alimentaires, les activités appréciées et les objectifs de maintien d’autonomie. Votre connaissance intime de votre proche est précieuse pour enrichir ce document.
Le niveau de dépendance est évalué via la grille AGGIR qui détermine le GIR (Groupe Iso-Ressources). Cette classification de 1 (dépendance totale) à 6 (autonomie) conditionne le tarif dépendance et l’intensité de l’accompagnement. Le médecin coordonnateur réévalue régulièrement ce classement en fonction de l’évolution de l’état de santé.
Selon données 2024 de la CNSA, plus de 500 000 personnes fréquentent un EHPAD en France. La valeur du point GIR a augmenté de 7,5% sur la période 2018-2024, reflétant la revalorisation progressive de la prise en charge de la dépendance.
Rechercher un EHPAD à Montpellier ou dans votre département nécessite de vérifier comment chaque établissement élabore ce projet personnalisé. Posez la question lors des visites : qui participe à son élaboration ? À quelle fréquence est-il révisé ?
Comment participer au projet de soins de votre proche
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Demander un rendez-vous avec le médecin coordonnateur dans le mois suivant l’admission
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Transmettre par écrit les habitudes de vie, préférences et rituels de votre proche
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Participer aux réunions de révision du projet personnalisé (généralement semestrielles)
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Signaler tout changement de comportement ou nouvelle inquiétude à l’équipe soignante
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Rencontrer le psychologue pour exprimer vos propres difficultés face au placement
Votre implication change la donne. Les familles présentes et communicantes obtiennent généralement un accompagnement plus individualisé pour leur proche.
Comment évaluer la qualité de prise en charge d’un EHPAD
7 professionnels pour 10 résidents. C’est le taux d’encadrement global en EHPAD selon la réponse sénatoriale sur l’encadrement. Le taux « au chevet du résident » descend à 4 pour 10. Ces chiffres vous donnent une base de comparaison lors des visites.
Le gouvernement prévoit 50 000 recrutements de professionnels soignants en EHPAD d’ici 2027. Cette évolution répond aux critiques récurrentes sur le manque de personnel. Interrogez les directeurs sur leurs effectifs réels et leurs difficultés de recrutement. Un établissement transparent sur ce sujet inspire davantage confiance.
Le récapitulatif ci-dessous vous permet d’évaluer méthodiquement chaque établissement visité. Chaque critère correspond à des éléments observables lors d’une visite ou d’un entretien avec la direction.
| Critère | Ce qu’il faut observer | Bon signe | Signal d’alerte |
|---|---|---|---|
| Ratio personnel/résidents | Nombre d’aides-soignants par étage | ≥ 1 aide-soignant pour 8 résidents | Personnel débordé, appels sonnette sans réponse |
| Présence médicale | Temps de présence IDE et médecin coordonnateur | IDE présent 12h/jour minimum, médecin 2-3 demi-journées/semaine | Pas d’IDE la nuit, médecin absent plusieurs semaines |
| Activités proposées | Planning affiché, animateur dédié | ≥ 2 activités quotidiennes, animateur temps plein | Planning vide, pas d’animateur identifié |
| Projet personnalisé | Processus d’élaboration expliqué | Réunion famille dans les 2 mois, révision semestrielle | Aucune mention du projet, document type pour tous |
| Ambiance générale | Interactions personnel-résidents observées | Échanges chaleureux, résidents habillés et coiffés | Silence pesant, résidents en pyjama en journée |
Ce qu’un EHPAD ne peut pas garantir
Aucun établissement ne remplace la présence familiale quotidienne. Les visites régulières restent essentielles au bien-être de votre proche. La prise en charge médicale ne peut pas non plus stopper l’évolution de certaines pathologies neurodégénératives. Calibrez vos attentes pour éviter toute déception.
Les établissements varient considérablement. Visitez-en plusieurs. Revenez à l’improviste. Parlez avec des familles de résidents déjà présents. Ces démarches demandent du temps mais sécurisent votre décision.
Limites et précautions
- Ce contenu présente l’organisation générale des EHPAD, chaque établissement ayant ses spécificités
- Les effectifs et services mentionnés correspondent aux obligations réglementaires minimales et varient selon les établissements
- La qualité de prise en charge dépend de nombreux facteurs propres à chaque structure
Pour une évaluation personnalisée, consultez le médecin traitant, le médecin coordonnateur de l’EHPAD ou un conseiller en gérontologie.