Différences entre dépression et tristesse

l est assez fréquent de confondre dépression et tristesse. De nombreuses personnes qui sont tristes à cause de quelque chose dans leur vie disent “je suis déprimé” ou classent la tristesse de leurs amis ou de leurs proches dans la catégorie de la dépression.

Cependant, en réalité, la dépression et la tristesse ne sont pas la même chose.

Qu’est-ce qu’une déprime ?

Quoi qu’il en soit, il est tout à fait normal d’avoir des coups de blues, de se sentir triste et fatigué, d’avoir des idées noires, d’être irritable, d’avoir des insomnies ou encore une baisse de motivation de temps en temps. Pas de panique donc si cet état ne dure pas.

En effet, comme l’explique le site info-dépression.fr (créé par l’INPES et le ministère de la Santé), au cours de sa vie l’être humain expérimente toute une gamme de sentiments, du plus triste au plus optimiste. À l’intérieur de cette palette d’émotions, la tristesse, le découragement et le désespoir représentent des expériences humaines normales.

Mais attention, il ne faut pas confondre ces variations et baisses d’humeur avec les symptômes que ressentent les personnes atteintes de dépression.

Qu’est-ce qu’une dépression ?

Les idées reçues ont la vie dure. Sachez que la dépression n’est pas liée à une faiblesse de caractère et ne relève pas de la fatalité. C’est une véritable maladie, qui peut toucher tout le monde, à tout âge et qui se définie par des symptômes caractéristiques. Elle peut être soignée grâce à une prise en charge par des professionnels et grâce à un traitement adapté.

Les symptômes de la dépression sont :

  • Une tristesse intense et durable, avec une humeur dépressive qui dure presque toute la journée et se répète au fil des jours.
  • Une perte d’intérêt pour les activités du quotidien et autre activités autrefois appréciées (hobbies, sexe, etc.)
  • Une fatigue intense (cette fatigue n’est pas améliorée par le repos ou le sommeil).

À noter : ces symptômes pris isolément, ne traduisent pas forcément une dépression.

Ils peuvent être aussi être associés à d’autres symptômes tels que :

Des changements d’appétit ou de poids, une altération du sommeil : la dépression peut affecter le corps en plus de l’esprit. Ainsi, certaines personnes pourront souffrir d’un manque d’appétit alors que d’autres compenseront en mangeant plus et en prenant du poids. De la même manière, certaines personnes auront du mal à s’endormir pour se réveiller au milieu de la nuit tandis que d’autres auront tendance à dormir de manière excessive ;

Des humeurs changeantes : en plus de l’état déprimé, la personne peut être l’objet d’autres changements émotionnels. Comme un sentiment injustifié de culpabilité, un manque de confiance en soi et d’incapacité. Certaines personnes fuiront les situations nécessitant de leur part une prise de responsabilité, de peur de mal faire. Certains peuvent aussi devenir tendus ou irritables. Cette nervosité excessive et ce sentiment d’inutilité s’accompagnent souvent d’idées noires qui peuvent aller jusqu’à des pulsions suicidaires ;

Une difficulté à se concentrer : ces symptômes ont des conséquences sur la concentration et peuvent empêcher d’étudier et de travailler de manière efficace. Dans des cas extrêmes, des tâches anodines peuvent devenir insurmontables, avec une incapacité, par exemple, à aller travailler.

Ainsi, selon l’Assurance Maladie, on ne peut parler de dépression que si :

  • Les symptômes de la dépression se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines ;
  • Au moins deux symptômes de la dépression sont décelés ;

Ces symptômes entraînent une gêne importante dans la vie quotidienne.

Comment faire la différence ?

La dépression est une maladie, alors que la tristesse est une émotion.

La tristesse est caractérisée comme un phénomène ayant des causes externes, c’est-à-dire que nous devenons tristes lorsqu’un événement ou un fait négatif se produit dans notre vie ou avec des personnes qui nous sont chères.

Être triste fait partie de la vie, tout le monde passe par des épisodes de tristesse, c’est naturel, mais la tristesse a une durée limitée et lorsque nous sommes tristes, cela ne nous empêche pas de voir de bonnes choses dans notre vie.

La dépression est caractérisée comme un phénomène interne à l’individu, qui présente des symptômes et dure plus longtemps.

Elle affecte généralement la personne pendant plus de 15 jours et s’accompagne de découragement, d’un manque d’intérêt général (pour les choses et les gens), de modifications du sommeil et de l’appétit, provoque de l’apathie, des sentiments de vide, d’impuissance et altère le fonctionnement de la vie dans divers domaines : professionnel, relationnel, familial et social.

Pourquoi est-il si facile de confondre dépression et tristesse ?

L’une des raisons de la confusion entre dépression et tristesse est le fait que les symptômes sont semblables et que le traitement est souvent similaire. La plupart des médicaments contre la dépression aident à combattre la tristesse.

Une autre raison importante est que, bien souvent, une tristesse, c’est-à-dire la douleur pour quelque chose de négatif qui s’est produit, comme : la fin d’une relation, la perte d’un parent, le chômage, par exemple, finit par déclencher une dépression qui peut être perçue par le fait que la tristesse dure au-delà d’une limite raisonnable et que la personne commence à réagir différemment de d’habitude.

Même lorsque nous sommes tristes, nous sommes capables de réagir à des stimuli positifs et agréables. La personne déprimée, cependant, peut difficilement le faire. La dépression affaiblit sa volonté. Il n’a aucun moyen de lutter contre ça.

Quel est le traitement de la dépression et de la tristesse ?

Il existe deux méthodes de traitement de la dépression et de la tristesse. L’une d’elles repose sur la prescription de médicaments antidépresseurs. Ce traitement est effectué par un psychiatre, qui suit la personne, surveille l’utilisation des médicaments et ajuste la médication en fonction de chaque cas.

L’autre forme de traitement est la psychothérapie. Elle permet d’établir une relation de confiance entre le psychologue et le client, et d’aborder les aspects émotionnels et psychologiques qui ont affecté négativement la personne, altérant son humeur et rendant difficile le fait de surmonter la tristesse ou la dépression. En psychothérapie, les causes du problème sont identifiées.

Il est donc recommandé de combiner les deux types de traitement, afin d’attaquer ensemble les causes et les symptômes, ce qui augmente l’efficacité et la rapidité du traitement.

La dépression : une maladie difficile à déceler

Cas d’école: Isabelle ne trouve que très difficilement le sommeil et se réveille fréquemment en pleine nuit. Elle a perdu tout intérêt pour l’écriture de son dernier roman et se sent coupable de ne pas pouvoir consacrer plus de temps à ses enfants. Elle n’a aucune envie de cuisiner et mange sans appétit. Elle a tellement de mal à se concentrer que même son jeu télévisé préféré la décourage, tout comme les avances de son mari qu’elle délaisse. Son état la désole, elle est de plus en plus souvent la proie d’idées noires depuis plus de deux semaines. Elle se juge sans valeur, tour à tour irritable ou amorphe, alors qu’elle était si énergique.

Souvent, l’entourage proche a bien du mal à pressentir l’importance de cette maladie et soupçonne plus facilement une légère déprime qu’un peu de volonté et quelques bonnes paroles permettront de surmonter.

Vous ne devez pas ressentir de craintes ou d’embarras à exposer votre état à votre médecin. Seule une connaissance de tous les symptômes lui permettra d’effectuer un diagnostic précis. Car, comme toutes les maladies, la volonté seule ne suffit pas pour en sortir. Aussi, si vous souhaitez en parler n’hésitez pas à appeler des associations ou centre d’écoute spécialisés. Ils peuvent vous aider et vous orienter vers des professionnels.

Les signes de la dépression amoureuse

La dépression amoureuse est un état psychique le plus souvent passager, qui est constitué de tous les symptômes de la dépression. On appelle cette dépression réactionnelle, car elle s’installe en réponse à une rupture sentimentale dans les premières semaines ou au cours des mois qui suivent la séparation.

Les signes peuvent être nombreux mais pas tous ressentis :

  • Troubles du sommeil avec difficultés d’endormissement, réveils nocturnes et impossibilité à se rendormir, cauchemars ;
  • Tristesse s’accompagnant d’une douleur morale sourde, profonde, permanente que rien ne soulage,
  • Troubles de l’alimentation : perte d’appétit, dégoût pour certains aliments, ou au contraire boulimie compulsive ;
  • Ruminations d’idées et de pensées douloureuses tournant en boucle (issues d’interprétations liées à la situation) et qui alimentent le mal-être,
  • Altération de la temporalité : penser au passé (que ce soient de bons ou de mauvais souvenirs) apporte mélancolie et ruminations. Le présent représente la douleur actuelle, et surtout on est incapable de se projeter. Le temps est une notion qui semble lourde, pesante pour la personne souffrant de dépression sentimentale.
  • Sentiment de culpabilité d’être dans cette situation et d’être malade ;
  • Troubles cognitifs : difficultés de concentration, pertes de mémoire, fatigabilité ;
  • Ralentissement psychomoteur : qui n’est pas une simple fatigue chronique. Chaque geste demande un effort, tout paraît insurmontable et cette asthénie est ressentie dès le réveil ;
  • Perte de plaisir et de désir (l’anhédonie) : plus rien ne fait plaisir, on n’a plus envie de rien ;
  • Perte de l’estime de soi : on perd confiance en soi et on porte un regard critique sur sa vie et sa personne ;
  • Perte des sentiments ou alexithymie : c’est une forme d’anesthésie sensorielle et affective où on est coupé de ses sentiments. Une mère peut, par exemple, ne plus rien ressentir envers ses enfants ;
  • Pensées suicidaires : la mort s’impose comme une solution évidente à ses problèmes et à son mal-être.

On parlera de dépression plutôt que de déception si les symptômes décrits durent dans le temps et/ou présentent une forte intensité.

Surmonter une dépression amoureuse : seul ou avec un psy ?

Chaque personne possède sa façon propre de réagir et de surmonter les épreuves de la vie, en fonction de son terrain psychologique, de son histoire et de sa situation. Certaines personnes vont pouvoir réagir et utiliser la résilience pour avancer et dépasser cette épreuve, voire en tirer des leçons et des bénéfices (seule ou avec l’aide d’un psy). D’autres vont, à partir de cette épreuve, révéler et réveiller un terrain dépressif lié à leur histoire, leur enfance. Dans les deux cas, un accompagnement psychologique peut être utile pour analyser la situation et travailler sur la problématique de l’estime de soi et de l’amour de soi, car c’est en effet souvent une défaillance à ce niveau qui peut expliquer une dépression amoureuse suite à une séparation.

Si l’on ressent des pensées morbides et suicidaires, il faut consulter en urgence. De même, un rendez-vous avec un professionnel de santé s’impose à partir du moment où les troubles ont des conséquences sur la santé physique, psychique et dans la vie socio-familiale. Par exemple, lorsque le manque d’appétit entraîne une perte de poids, le manque de sommeil engendre une incapacité à aller travailler. Dans certains cas, une prise en charge médicamenteuse peut se révéler nécessaire, en complément d’un travail psychothérapeutique.

Les bons réflexes pour surmonter une dépression amoureuse

Quelques conseils permettent de limiter les risques de dépression amoureuse :

Tout d’abord, il faut accepter de prendre son temps pour surmonter la séparation. Cette épreuve est une sorte de deuil avec toutes les étapes s’y référant (l’état de choc et le déni, la colère, la négociation, l’enquête, la dépression, la reconstruction et enfin l’acceptation) ;

S’autoriser à exprimer ses émotions ;

Sortir et rencontrer des amis mais aussi de nouvelles personnes à travers des sorties, de nouvelles activités ;

Prendre soin de soi en se recentrant sur son bien-être : changer de coiffure, commencer un nouveau sport ;

De manière plus pratique, se débarrasser de tout ce qui nous rappelle la personne en question (photos, objets) ;

Faire des changements dans son logement : repeindre, bouger les meubles, changer des éléments de décoration particulièrement dans la chambre. Et surtout, si c’est possible : changer le lit et la literie. Ou au moins les oreillers et le linge de lit, autant d’éléments liés à l’intimité de la relation passée ;

Travailler sur le remplacement d’idées négatives par des idées positives et appliquer les principes de la psychologie positive ;

Garder et entretenir une bonne image de soi-même est essentiel. Ce n’est pas parce que quelqu’un nous a quitté(e) que l’on ne mérite pas d’être aimé(e).

Et enfin, le meilleur remède à une dépression sentimentale et de retrouver un(e) partenaire et ainsi avancer et reprendre le cours de sa vie.